la pierre sèche, tèchnique de construction

 La pierre sèche est une technique de construction à par entière classée comme petit bâtit, dont les avantages qu’ils soient d’ordre technique, financier, environnementaux ou esthétique n’ont rien à envier au « tout béton »

Mur de soutènement :

Ce type de construction est destiné à tenir un modelé de terrain à l’origine en pente, en forme d’escalier quant les bâtis se succèdent

mur de soutènement pierre sèche

Les murs de soutènement en pierre sèche prendront leur place pour des terrasses de culture, des tenir les aplanissements destinés à des parkings, des seuils hydrauliques pour le maintien d’un profil en long d’un cours d’eau, des rampes d’accès. Leur implantation se fera sur tous types de terrain, même les plus hostiles pourvu que l’on respecte certaines règles de base.

Technique de construction:

Commençons par la base, la semelle ou le socle du mur. L’idéal étant de débuter une construction sur un socle rocheux débutons par ce cas.

Sur la roche :

Le socle rocheux devra être sain, plat, ou mieux en contre-pente. Ce cas de figure n’étant pas une constante chez mère nature, un rafraîchissement, voir un modelage sera nécessaire et indispensable pour une pérennité du bâtit projeté.  Dans les cas extrêmes, pendage trop élevé, roche trop dur, il est possible de débuter une assise en incisant une encoche dans la roche. 

Dans le cas d’absence du socle :

C’est le scénarios classique des zones terreuses ou au socle très altéré (ex : arène granitique, arène dolomitique.). Il sera nécessaire d’utiliser de gros blocs stables et sains. Ils seront implantés sous le niveau du sol pour éviter leur affouillement. Une autre alternative consiste à créer une semelle (schéma, photo), elle sera mise en œuvre en l’absence de blocs « poids » et sera débordante (comme les fondations d’une maison) au reste du bâtit qui suivra. Les pierres pourront être plantées ou posées à plats (si celles-ci sont suffisamment larges et épaisse.)

Le bâti :

Si l’implantation d’une semelle doit être soignée, le bâtit en sera de même. Tout au long de la construction on s’efforcera à respecter des notions incontournables citées après et résumés sur ces schémas.

Le fruit :

C’est l’inclinaison du mur dans le sens de la verticale, il double but ; s’opposer à la poussé du substrat et augmenter la surface d’équilibre du mur (polygone de sustentations). On notera que ce fruit augmentera en fonction du substrat à tenir, de la qualité et de la taille des pierres du bâtit, de la hauteur du mur. Il pourra être de cinq cm au mètre jusqu’à atteindre vingt-cinq à trente cm.

L’alignement :

Sur un plan horizontal, les pierres devront suivre une ligne imaginaire ou matérialisé par un cordeau tendu entre deux piquets, c’est ainsi que l’on obtiendra un appareillage régulier. Cette opération se répétera d’étage en étage jusqu’au couronnement du mur. Sur un axe vertical, même opération. L’alignement vertical aura une inclinaison que nous avons décrit dans le chapitre « fruit », il pourra être matérialisé par un gabarit ou en formatant son œil.

Les notions de semelle, de socle, d’assise, de fruit et d’alignement étant acquissent penchons nous sur la structure du mur pierre sèche. Que l’on utilise ou non un liant, l’action de bâtir doit être un geste responsable, durable et esthétique. Responsable, car un bâtit ne doit pas se fissurer ou pire, s’écrouler au premier passage d’un orage, c’est votre responsabilité que vous construisez. Durable dans le sens ou l’impact d’une implantation, l’origine des matériaux ne doivent pas devenir des aberrations en matière environnementale. Esthétique, un travail fait avec envie et amour se voit de loing. Si le but premier est de tenir un terrain, un mur de soutènement peut être le lieu d’expression de vos talents, sentiments. Bâtir, c’est se construire !

 

mur de souténement et creation de motifs

 

 

Dans cette action qu’est le bâtit pierre sèche, d’autres notions indissociables des précédentes doivent être assimilées et maîtrisées.

Croiser les pierres :

Sur la longueur du mur, la surface des pierres mise bout à bout forme un lit de pose segmenté pouvant accueillir le rang suivant. Chaque pierre de ce nouveau rang devra recouper sur son lit de pose le segment formé par la jonction de deux pierres du rang inférieur. L’exercice le plus simple pour comprendre ce principe est de prendre trois pierres de même gabarit. Posez en deux au sol côte à côte (premier rang). Posez la troisième sur les deux premières de manière à former une pyramide (deuxième rang). Vous vous apercevez que le segment vertical de jonction des deux pierres du rang inférieur est recoupé par la troisième pierre ; « les pierres se croisent ». Cette notion est très importante à assimiler, elle vous évitera la formation de « coup de sabre » ou de « pile d’assiette » ,erreurs affaiblissants la résistance du bâtit à la poussée latéral que le substrat retenu occasionne.

croisez les joints !

 

Alterner les catégories de pierre :

Pour qu’un bâti soit cohérent dans son ensemble, il doit être considéré comme un volume et non une surface. Ce volume sera constitué de pierres traversant sa largeur de part et d’autre (boutisse papaigne), de pierres longeant son extension (panneresse) et de pierres posées dans la largeur du mur dont une face sert de parement (boutisse). Ces catégories de pierres, boutisse parpaigne, panneresse et boutisse (ou moellon de queue) doivent être réparti de manière à rendre le parement solidaire de l’assise et du double parement.

alternance de boutisses et de panneresses

Entre ces pierres, des vides s’installent, ils seront comblés par des pierres de plus petits gabarits (fourrure) et servirons à rattraper la hauteur de l’assise. Le bâtit ne sera jamais un volume plein, il y subsistera même avec la fourrure un vide résiduel avoisinant les 30 %. Ce vide est nécessaire pour que le rôle drainant du mur pierre sèche opère en période pluvieuse.

Le calage :

Les pierres de parement comme celles d’assise n’ont pas souvent des lits de pose plan; boursouflures ou arrêtes les rendent souvent branlantes à la pose. Pour pallier contre ces imperfections, on utilisera des cales, simples éclats de roche à la taille adaptée à la pierre branlante,en forme de coin pour rétablir la stabilité de la pierre posée et donc de la construction en pierre sèche en cours.

La chaîne d’angle :

Un ouvrage que l’on peut considérer comme un volume présente deux extrémités. Elles peuvent venir épouser le socle qui clôturera le bâtit d’une manière efficace. Ce cas de figure se rencontre souvent dans les combes, talweg et vallon. Dans le cas de l’absence de roche mère pour fermer notre volume, un angle de mur devra prendre le relais.

Le couronnement :

Dernière étape de la construction, le rôle du couronnement (schéma) est chargé en poids les assises inférieurs avec des pierres plus massives. Il sera posé après constitution d’une arase propre (couche de pierres horizontal).

Le couronnement pourra être constitué de grosses dalles posées à l’horizontale ; ou en « épi »

couronnement d'un mur


 


 

 

 

 


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3 réflexions au sujet de « la pierre sèche, tèchnique de construction »

  1. Superbe site et superbes réalisations ! Bravo !
    Ici en ardenne belge, une prise de conscience de restauration du petit patrimoine s’installe petit à petit, avec à la clé des formations pour tout public, écoles de maçonnerie, etc… (encadrement et informations promus par le GAL Pays de l’Ourthe.
    Voir aussi :
    http://www.paysourthe.be
    http://www.dgo4.spw.wallonie.be

    Bernard JARDON
    Formateur c/o HABILUX EFT (Bastogne & Arlon – Belgique)

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